Oiseaux hivernants du lac

 

Ça y est, la météo tristoune s’est enfin remise et je suis allée au bord du lac de Bienne observer les oiseaux du lac, ça fait du bien d’être dehors !

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Le but de ma promenade est de voir quels hivernants sont déjà présents. Et aussi de vous les présenter, pour que vous puissiez les reconnaître la prochaine fois que vous allez au bord du lac 🙂

Les hivernants ce sont ces oiseaux qui viennent passer l’hiver chez nous parce qu’on a un climat tempéré- on essayera de s’en souvenir à la prochaine bise noire quand on sera congelé jusqu’aux os ;-). En vrai, si certains s’envolent du Nord et avalent des milliers de kilomètres, c’est surtout parce qu’ils trouvent un vrai festin à l’arrivée : moules zébrées en abondance dans des lacs qui ne gèlent pas sur toute leur étendue !

Chez nous, en hiver, ce sont des migrateurs de courte distance.

Mais attention… fou : le record de la migratrice au long court revient à la sterne arctique qui parcourt plus de 70’000 km par an ! Elle quitte le Groenland ou le Nord de la Sibérie pour se rendre dans l’Antarctique. Bon, ne vous excitez pas, vous ne verrez sûrement pas cette championne, elle est très rare en Suisse. Elle a tout de même tenté de nicher mais pour l’instant sans réussite ! C’est donc une histoire à suivre.

Selon les ornithologues de Vogelwarte – LA référence  CH – notamment, pas loin d’un demi million d’oiseaux viennent chaque année passer l’hiver en Suisse. Eh oui ! Rien que sur Le Léman, il y a 150’000 à 200’000 oiseaux hivernants… autant que tous les habitants de la ville de Genève ! (source : La Libellule, Genève). Avec les hivers doux de ces dernières années, certains hivernants restent dans le Nord mais d’autres espèces plus méridionales augmentent leur population, comme la nette rousse.

Bon retour à nos moutons – si je puis dire, ah ah ah – et à ma promenade.

La première que je vois, STAR de ce blog, j’ai nommé la mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus).

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Celle de gauche est un adulte internuptial, on le reconnaît à son bec rouge à pointe sombre, ses pattes rouges et la tache sombre près de l’œil, vous suivez ? Celle de droite est un jeune du premier hiver. Vous voyez la différence ? Mais si ! 🙂 Elle a les pattes un peu plus claires, plus oranges que rouges et surtout elle a des plumes avec des motifs bruns. Cet été, les adultes et les «premiers étés» auront une tête toute noire, ça c’est pour compliquer les choses 😉

Mais, vous verrez, une fois qu’on le sait on ne regarde plus jamais une floquée de mouettes de la même manière ! 🙂

En fait, ces coquines ne font pas vraiment partie de ma recherche du jour car le plus grand nombre de mouettes rieuses est sédentaire.

Si on regarde deux secondes de plus, on voit tout de suite les fuligules morillons (Aythya fuligula) – mais qui leur a donné un nom pareil, c’est entre la pustule et la morille, vous ne trouvez pas ? – bon ils ont pas un beau nom mais au moins ils ont la classe et de beaux yeux jaunes.

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Fuligule morillon mâle

Vous reconnaîtrez facilement le mâle au plumage noir brillant, aux flancs blancs et à sa huppe violette, retombante, caractéristique ! Et comme d’hab’ chez la plupart des canards, la femelle est plus discrète avec son plumage brun, mais elle aussi a sa petite huppe.

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Fuligules morillons femelles

Si vous voulez les voir très actifs, il va falloir sortir en soirée, moment où ils cherchent les moules zébrées et d’autres petites bêtes. Très bon plongeur, cet oiseau peut chercher sa nourriture jusqu’à 5m de profondeur, dans la vase. Moi, j’en ai vus tout en boule, le bec caché dans le plumage, bien tranquilles.

Eh, c’est incroyable, 120’000 fuligules morillons hivernent chaque année en Suisse ! Ces oiseaux nous viennent de la Sibérie ou de la Scandinavie. Mais leurs effectifs, ici, diminuent car les derniers hivers ont été particulièrement doux même dans le Nord. Et passer l’hiver, « là-haut » dans le Nord, c’est un peu plus économique !

Ce printemps, la plupart repartiront mais d’autres nicheront ici.

Oh, la ! Un couple de canard dans le port, sieste pour Monsieur et élongation pour Madame ! je vous présente… la nette rousse (Netta rufina).

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Nettes rousses mâle et femelle

La tête rouge du mâle et son rouge à lèvres rouge écarlate, ça n’échappe à personne. Et là aussi, la femelle est discrète, toute brune.

Elle se nourrit d’algues (characées).

Question chiffre en Suisse ? 27’000 hivernants, (janvier 2016) pas mal, non ? Arrivés du centre de l’Europe et de l’Espagne en grande partie !

Dommage, tous les hivernants ne sont pas encore là, pourtant je vois encore quelques harles bièvres (Mergus meganser)

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Harle bièvre femelle

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Harle bièvre mâle

Avec son bec recourbé et des « dents de scie », en fait des dentelures de cornes, facile pour lui de capturer un poisson – vous avez remarqué les animaux ne sont pas fous, ils se partagent le gâteau, pas tout le monde a le même régime.

Moi, je le trouve très élégant avec sa tête noire, ses magnifiques reflets verts et sa coiffure bien lissée. En plus, un beau dos noir et des flancs blancs légèrement rosés !

Elle, huppe brun-roux, un peu ébouriffée, elle a la même tête que quand nous on sort de l’eau… Si on regarde de très près on peut même distinguer la limite très nette sur le cou entre le gris brun du corps et le roux de la tête.

On voit arriver les femelles et les jeunes harles en nombre durant l’automne. Normal, car nourrir toute la famille dans les régions boréales, c’est vraiment pas du gâteau ! Pourtant très peu de mâles nordiques s’aventurent dans ce grand voyage. Ils restent tranquilles au bord de la Mer du Nord ou de la Baltique et attendent le retour des femelles et des jeunes harles.

Pour finir ma promenade, un oiseau qui pourrait des fois se faire passer pour la Star de ce blog, le Goéland.

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Goéland brun immature

Mais en fait, ce laridé – je fais genre, mais pas de panique c’est la même famille que la mouette rieuse… – en beaucoup plus grand ! En fait, je sais que celui-là est un jeune goéland brun (Larus fuscus) parce qu’il est encore bien foncé, surtout sa queue. C’est au bout de 4 ans qu’il aura son look d’adulte.

Je rentre, rêveuse et il faut bien le dire, un peu jalouse, quand je vois les oiseaux s’envoler. Bon, pour aujourd’hui, ça suffit, envie d’une soupe de panais à l’orange ?

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Allez, en bonus, la recette :

1 gros panais, 2 ou 3 carottes, 2 pommes de terre, 1 oignon et 1 échalote. Faire revenir tous les légumes coupés dans un peu d’huile. Couvrir d’eau et assaisonner avec des épices : muscade, clou de girofle, cannelle et poivre. 20 minutes de cuisson, je mixe le tout et j’ajoute une bonne quantité de jus d’orange. Et pour conclure l’affaire, un peu de crème ! Une autre fois, je tenterai peut-être des panais avec des pommes.

C’est drôlement bon et c’est vite préparé – ça vous donne pas envie ?

 

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